Les prothèses mammaires anatomiques

Les prothèses mammaires anatomiques

En toute logique, la première prothèse mammaire, conçue par Cronin en 1963, était de forme anatomique (goutte d’eau plus haute que large) (1). Plus d’informations sur l’histoire des prothèses mammaires.

Les formes des prothèses mammaires anatomiques

L’augmentation mammaire dispose aujourd’hui de nombreuses formes de prothèses mammaires anatomiques. La forme classique, largement diffusée par les laboratoires, a un axe vertical plus grand que son axe horizontal (plus hautes que larges). D’autres prothèses mammaires anatomiques ont une hauteur moindre avec une largeur plus importante pour diminuer le remplissage du pôle supérieur (plus larges que hautes) (2).

Toutes les prothèses mammaires anatomiques ont en commun un segment II en pente douce ainsi qu’un point de projection maximal plus bas, ce qui est le cas physiologiquement de la plupart des seins (71,5% de notre série).

Avantages et inconvénients des prothèses mammaires anatomiques

Avantages

Les différentes formes de prothèses mammaires anatomiques (rapport hauteur sur largeur) permettent de s’adapter davantage aux différents seins afin d’améliorer la couverture tissulaire des implants mammaires et de remplir en pente douce un segment II vidé d’un sein hypotrophique. Les prothèses mammaires anatomiques autorisent aussi dans une certaine mesure des modifications de forme du sein pré-existant. Un autre avantage commun aux prothèses mammaires anatomiques est que le sillon est moins abaissé que pour une prothèse mammaire ronde. Un abaissement du sillon risquerait de créer un double contour mammaire de type II (double sillon sous mammaire), une asymétrie de hauteur des sillons et une ptose progressive des prothèses mammaires (3).

Inconvénient

Leur inconvénient principal est le risque de rotation de prothèse mammaire anatomique.

Indications des implants mammaires anatomiques

Dès lors que le sein est esthétiquement plaisant, le résultat sera satisfaisant avec n’importe quel forme d’implant. Les prothèses mammaires anatomiques trouvent leur meilleures indications lorsque l’on souhaite changer la forme du sein (4).

Indépendamment des différentes formes d’implants anatomiques, les bonnes indications de prothèses mammaires anatomiques sont pour le Docteur Victor Médard de Chardon :

  • Les patientes ne souhaitant pas un bombement du segment II alors qu’il existe des caractéristiques morphologiques à risque.
  • Les seins très petits chez des patientes minces à maigres ou bien dès lors que la patiente souhaite une grosse augmentation mammaire tout en espérant conserver un aspect le plus naturel possible. Cette situation s’apparente aux cas de reconstructions mammaires, la forme du sein augmenté dépend essentiellement de la forme de l’implant mammaire choisi. Inversement, l’utilisation de prothèses mammaires anatomiques pour une petite augmentation mammaire ne présente pas d’intérêt.
  • Les seins ptosés (40% de notre série). L’hypotrophie-ptose s’accompagne d’un segment II vidé associé à une PAM en position basse. Ainsi, les prothèses mammaires anatomiques font correspondre davantage leur point de projection maximal au mamelon et autorisent un remplissage en pente douce du segment II.
  • Les PAM en positions basses sur les seins en raison d’un segment III court (13,25% de notre série). La mise en place de prothèses mammaires rondes présente certains risques :
    • Si le sillon sous mammaire est insuffisamment abaissé, la légère malposition haute crée une impression de ptose mammaire (fausse ptose).
    • Les risques d’un abaissement du sillon sous mammaire sont énoncés dans cet article.
    • Plus d’informations sur l’anatomie du sillon sous mammaire.

La meilleure indication des prothèses mammaires anatomiques plus hautes que larges sont les patientes au thorax long (12% pour notre série) et aux seins implantés bas (10,5% de notre série).

Les bonnes indications des prothèses mammaires plus larges que hautes sont :

  • Afin d’éviter un remplissage du segment II
  • Les vallées intermammaires larges (38%). Elles permettent de réduire l’écart intermammaire sans utiliser un volume excessif
  • Les patientes au thorax large (18%)
  • Les seins implantés hauts (8%).
  • Afin de diminuer la fréquence des vagues au pôle supérieur (car bien masqué par la glande)

Inversement, les mauvaises indications des prothèses mammaires anatomiques plus larges que hauts sont :

  • Un thorax long ou des seins implantés bas ou des seins ptosés car l’allongement relatif du segment I est inesthétique.
  • Les patientes souhaitant un bombement du segment II.

Les anomalies de la paroi thoracique ne nous paraissent pas être une mauvaise indication pour des prothèses mammaires anatomiques bien qu’il existe un risque théorique de rotation. Nous reverrons qu’une loge bien adaptée peut assurer la stabilité des prothèses mammaires anatomiques par un effet came.

Points techniques

  • Lorsqu’on utilise des prothèses mammaires anatomiques, le volume des prothèses devient secondaire et le chirurgien esthétique doit raisonner en termes de dimensions plus que de volumes (5).
  • Il est possible de jouer jusqu’à 20°-30° sur la rotation médiale ou latérale des prothèses mammaires anatomiques pour corriger des déformations mammaires ou thoraciques et remplir davantage la partie médiale ou latérale du pole supérieur du sein (6, 7).
  • Pour les prothèses mammaires anatomiques plus hautes que larges :
    • La dissection latérale et médiale est limitée pour assurer la stabilité de l’implant mammaire par effet came
    • La dissection en haut est volontairement large pour un meilleur redrapage des parties molles, sans majorer le risque de malposition. Nous libérons ainsi les loges rétropectorales jusqu’à visiblité du pédicule thoraco-acromial et les loges rétroglandulaires jusqu’à 3 cm de la clavicule (8).
  • Pour les prothèses mammaires anatomiques plus larges que hautes, la loge est adaptée à la taille de l’implant mammaire.

Références

Informations issues de la Thèse du Docteur Victor Médard de Chardon sur l’augmentation mammaire par prothèses mammaires – Nice, Faculté de Médecine.

1. Cronin, T. D., Gerow, F. J. Augmentation mammaplasty : a new « naturel feel » prosthesis. In Transactions of the 3rd international congress of plastic and reconstructive surgery, Amsterdam, 1963.
2. Spear, S. L. Breast augmentation with reduced-height anatomic implants: the pros and cons. Clin Plast Surg 28: 561-565, 2001.
3. Hidalgo, D. A. Breast augmentation: choosing the optimal incision, implant, and pocket plane. Plast Reconstr Surg 105: 2202-2216; discussion 2217-2208, 2000.
4. Gingrass, M. K. Breast Augmentation: Choosing the Optimal Incision, Implant, and Pocket Plane. Plast Reconstr Surg 105: 2217-2218, 2000.
5. Heden, P., Jernbeck, J., Hober, M. Breast augmentation with anatomical cohesive gel implants: the world’s largest current experience. Clin Plast Surg 28: 531-552, 2001.
6. Tebbetts, J. B. Breast augmentation with full-height anatomic saline implants: the pros and cons. Clin Plast Surg 28: 567-577, 2001.
7. Hammond, D. C. Breast augmentation using anatomic implants. Operative techniques in plastic and reconstructive surgery 7: 125-130, 2000.
8. Tebbetts, J. use of anatomic breast implants : ten essentials. Aesthetic Surgery Journal 18: 377-384, 1998.


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