Histoire des implants mammaires

Histoire des implants mammaires

L’évolution vers un meilleur contrôle des capsules rétractiles périprothétiques (coques)(1-5)

L’histoire de l’augmentation mammaire par prothèses mammaires débute dans les années 60 avec le développement des implants mammaires préremplies de silicone. Ce premier modèle de prothèse fut conçu par Cronin et Gerow. Il était de forme anatomique (en goutte d’eau) dont la rotation était prévenue par des patchs de dacron à sa face postérieure. Cependant, leur réputation souffrit rapidement de nombreux problèmes dont un taux élevé de rétraction capsulaire (plus de 50%). Sous l’effet de la rétraction capsulaire les implants mammaires devenaient anormalement sphériques, à l’aspect artificiel, voire douloureux pour des coques plus avancées. Après s’être rendu compte que les coques après augmentation mammaire étaient en partie dues à une perspiration de la silicone liée à la minceur de la paroi et à la fluidité du gel, les prothèses mammaires furent développées à paroi plus épaisse et à gel plus cohésif. Cependant, le taux de coques était encore très élevé. Les efforts pour développer des prothèses mammaires anatomiques furent rapidement abandonnées à cause de l’incidence élevée des rétractions capsulaires déformant aussi bien les prothèses anatomiques que les prothèses rondes.

Un nouvel intérêt pour les implants mammaires anatomiques vit le jour dans les années 70 et 80 avec le développement de la reconstruction mammaire par prothèses. Les reconstructions s’effectuaient avec des implants mammaires ronds gonflables en sérum dont le sous-remplissage volontaire affaissait le pôle supérieur pour concentrer le volume à la partie inférieure avec la gravité. Cependant, les résultats étaient décevants sur la forme avec un taux élevé de vagues. Les implants mammaires à compartiments multiples furent alors développés, mais connurent peu de succès probablement en raison de la combinaison des inconvénients des implants gonflables et préremplis de gel de silicone.

Dans les années 80, les prothèses préremplies de silicone recouvertes de polyuréthane connurent une grande diffusion à la suite de publications rapportant une baisse très importante du taux de rétraction périprothétiques (7,4%), lié semble-t-il à l’aspect irrégulier (texturé) de la structure externe de l’implant, qui désorganisait la réaction fibroblastique et l’orientation des fibres de collagène. Les questions posées par les produits de dégradation du polyuréthane (potentiellement carcinogène sur étude expérimentale), rapportées dans un climat médiatique néfaste et le nombre croissant d’actions judiciaires incitèrent les laboratoires à en arrêter la production des 1991. Leur utilisation fut secondairement interdite par la FDA. Le plus grand intérêt de ces prothèses a donc été de mettre l’accent sur l’avantage des parois rugueuses et irrégulières par rapport aux parois lisses, en ce qui concerne la diminution du taux de rétractions périprothétiques. Ainsi, la combinaison d’une surface texturée, d’une paroi multicouche épaisse luttant contre la transsudation de la silicone et d’un gel de silicone cohésif limitait significativement le taux de contracture capsulaire. À la fin des années 80, les implants mammaires anatomiques préremplis de silicone connurent alors un regain d’intérêt dans le domaine de la reconstruction mammaire puis de la chirurgie esthétique. De nos jours, avec l’amélioration importante de la qualité des implants en gel de silicone et des pratiques opératoires, le taux de contracture capsulaire (coque) est de moins de 1%.

La crise DE la silicone (2, 4)

La crise sur les implants mammaires de polyuréthane ayant récemment eu lieu et, dans un climat médiatique néfaste, la Food and Drug Administration déclarait le 26 janvier 1992 un moratoire sur les implants mammaires de silicone (doute sur facteur carcinogène et déclencheur de maladies autoimmunes), limitant leur utilisation à la reconstruction mammaire à des fins d’études prospectives. Le 28 janvier 1992, le ministère français de la santé demande alors la suspension de l’implantation de prothèses remplies de gel de silicone aussi bien en reconstruction mammaire qu’en chirurgie esthétique. Les prothèses mammaires rondes et anatomiques étaient alors, en France, uniquement remplis de sérum physiologique jusqu’à la réouverture du marché des prothèses mammaires de silicone en juillet 2001, après avoir confirmé l’innocuité et la sécurité des implants mammaires en gel de silicone.

L’évolution des formes des implants mammaires

Les implants mammaires anatomiques ont été conçus pour limiter le bombement du segment II par le segment sus-aréolaire de la prothèse en pente douce et donc à moindre projection, et pour faire davantage correspondre le point de projection maximal de l’implant avec la PAM (point de projection maximal prothétique plus bas).

L’apparition de multiples profils pour ces implants mammaires anatomiques (profil bas, moyen, haut, très haut)avait ensuite pour but de s’adapter davantage aux différents types de seins et de thorax, en jouant sur les rapports hauteur/largeur de la prothèse et sur la projection (6). Les caractéristiques des implants mammaires varient d’un laboratoire à l’autre (gamme de forme, dimensions, gamme de volume, degré d’irrégularité de la texture, degré de cohésivité du gel, épaisseur de la paroi prothétique, degré de remplissage). D’une manière générale, il existe des implants mammaires plus hauts que larges et plus larges que hauts.

Ainsi, la multiplication du choix des prothèses permettrait de répondre plus spécifiquement à la demande et aux caractéristiques morphologiques de chaque patiente. Cependant, plusieurs questions se posent. La forme de l’implant mammaire influence-t-elle la forme du sein post-opératoire chez toutes les patientes ? Les implants mammaires anatomiques conservent-ils leur forme in vivo et procurent-ils un résultat plus naturel ? Les prothèses mammaires rondes obtiennent-elles une forme anatomique in vivo ? Les réponses à ces questions sont à ce jour encore parfois débattues parmi les chirurgiens plasticiens.

En fonction des caractéristiques anatomiques des seins et du thorax de la patiente, ainsi qu’en fonction de la demande d’augmentation de volume, le Docteur Victor Médard de Chardon détermine si des implants mammaires anatomiques auront un réel impact sur le résultat de l’augmentation mammaire.

Références

Ces informations sont extraites des travaux de Thèse de Doctorat en Médecine du Docteur Victor Médard de Chardon : augmentation mammaire – Nice, Faculté de Médecine.

1. Hammond, D. C. Breast augmentation using anatomic implants. Operative techniques in plastic and reconstructive surgery 7: 125-130, 2000.
2. Spear, S. L. Breast augmentation with reduced-height anatomic implants: the pros and cons. Clin Plast Surg 28: 561-565, 2001.
3. Bricout, N. Chirurgie du sein: Springer-Verlag, 1992.
4. Muller, G. H. Breast implants and silicone : silicone crisis’ history. Ann Chir Plast Esthet 50: 350-356, 2005.
5. Glicenstein, J. [History of augmentation mammaplasty]. Ann Chir Plast Esthet 50: 337-349, 2005.
6. Heden, P., Jernbeck, J., Hober, M. Breast augmentation with anatomical cohesive gel implants: the world’s largest current experience. Clin Plast Surg 28: 531-552, 2001.


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