Galactocèle après augmentation mammaire

Galactocèle après augmentation mammaire

Une galactorrhée est un écoulement (extériorisé) de lait tandis qu’une galactocèle est une rétention de lait (non extériorisée) à l’origine d’un épanchement périprothétique (en présence d’une effraction de galactophores) ou de kystes (en l’absence d’effraction des galactophores). Après chirurgie mammaire (augmentation mammaire ou réduction mammaire), une galactocèle est le plus souvent associée à une galactorrhée.

Ce sont des complications rares. Gregory rapporte huit cas de galactorrhée après 1000 augmentations mammaires par prothèses (1). Seuls quatre cas de galactocèle sans galactorrhée sont rapportés dans la littérature. Nous rapportons un cas de galactocèle sans galactorrhée.


Causes d’un galactocèle

L’origine des galactorrhées et galactocèles post-chirurgie mammaire est obscure. Elle pourrait être sous la dépendance de plusieurs facteurs hormonaux et de stimuli mécaniques. Tout d’abord, la chirurgie mammaire reproduirait d’une certaine manière le réflexe de succion et élèverait le taux de prolactine plasmatique (1). En effet, la dissection de la glande mammaire et la mise en place des prothèses mammaires stimulent les racines nerveuses thoraciques impliquées dans l’arc réflexe de la lactation (2). Par ailleurs, la prolactine est une hormone de stress et l’acte chirurgical pourrait ainsi en favoriser la sécrétion (2). Il semble logique que les voies aréolaires, responsables d’une effraction des canaux galactophoriques, soient responsables de l’épanchement périprothétique de lait en cas de galactocèle. La position de la prothèse (rétroglandulaire ou rétropectorale) et le type de prothèse mammaire (sérum physiologique ou gel de silicone) ne semblent pas avoir d’influence particulière (1).


Signes cliniques

Une galactocèle après augmentation mammaire par prothèses mammaires se manifeste cliniquement par un sein inflammatoire, augmenté de volume, survenant environ un mois après la chirurgie. En l’absence de galactorrhée associée, il peut exister un doute clinique avec une infection prothétique ou un sérome.


Prise en charge d’un galactocèle

La conduite à tenir face à une galactocèle et/ou galactorrhée après augmentation mammaire est la suivante :

  • Les facteurs de risques de galactocèle suivants sont à rechercher (3): prise médicamenteuse (prolactine, phénothiazine, méprobamate, agoniste dopaminergique, antidépresseurs, pilule oestroprogestative), dysménorrhée (traduisant des troubles hormonaux), grossesses antérieures, tumeur hypophysaire et insuffisance rénale.
  • Doser le taux de prolactine sérique et de bHCG plasmatique.
  • En présence d’une galactocèle, une reprise chirurgicale est nécessaire pour évacuation de l’épanchement, prélèvements bactériologiques, lavage des implants mammaires, repose des mêmes prothèses mammaires et drainage. Une ponction évacuatrice est proposée par certains auteurs, chose que nous ne recommandons pas(3).
  • Une antibioprophylaxie classique (céphalosporine de 2e génération) semble suffisante, en une dose unique, à l’induction lors de la reprise chirurgicale. En effet, bien que le lait maternel soit colonisé par des bactéries dans 97% des cas (4), les prélèvements bactériologiques semblent toujours stériles (3).
  • Instaurer un traitement par bromocriptine.

Références

Ces données sont issues de la Thèse du Dr. Victor Médard de Chardon sur l’augmentation mammaire. Nice, Faculté de Médecine.

1. Caputy, G. G., Flowers, R. S. Copious lactation following augmentation mammaplasty: an uncommon but not rare condition. Aesthetic Plast Surg 18: 393-397, 1994.
2. Kolodny, R. C., Jacobs, L. S., Daughaday, W. H. Mammary stimulation causes prolactin secretion in non-lactating women. Nature 238: 284-286, 1972.
3. Inguenault, C., Capon-Degardin, N., Martinot-Duquennoy, V., et al. [Galactorrhea after mammary plastic surgery]. Ann Chir Plast Esthet 50: 171-175, 2005.
4. Boer, H. R., Anido, G., Macdonald, N. Bacterial colonization of human milk. South Med J 74: 716-718, 1981.

 


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